about

David Constantine
Poète et écrivain anglais, édité par Comma Press
Un coup de foudre littéraire, une écriture dont je ne saurais me passer.

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Martin MacIntyre
Poète et écrivain écossais, édité par Clàr
Une rencontre à l’Edinburgh Book Festival, une langue complexe et référentielle, une plongée dans l’Ecosse gaélique.

* Le recueil de nouvelles Re-acquaintance de Martin MacIntyre va être publié en français par Vents d’Ailleurs.

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Christopher Mlalazi
Ecrivain zimbabwéen, édité par Weaver Press
L’Afrique à Londres. L’African Books Collective fait les présentations, je lis, et sans façons, je suis, et suivrai.

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Declan Burke
Auteur irlandais, édité par Liberties Press
London Book Fair à nouveau, quand j’ai un coup de mou, je traîne du côté du stand des Irlandais, Sam me présente Declan Burke, il a raison, je retrouve la pêche.

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Atef Abu Saif
Ecrivain et journaliste palestinien, édité par Comma Press
Parce qu’il faut dire, haut et fort, parce qu’il faut lire, en silence ou à voix haute, ce journal qui vrille l’âme.

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Scadi Kaiser
Traductrice littéraire

nouvelles

“The Shieling”, The Shieling, David Constantine, Comma Press, 2009

Ils inventèrent un endroit. Il était loin d’ici, loin de tout en fait, tout en haut, en lisière, comme un shieling. Il aimait particulièrement le mot « shieling ». Un endroit nu, aussi haut dans la vallée qu’il soit possible d’aller et la maison en elle-même très simple. En réalité, de telles constructions, les shielings, sont seulement destinées à être habitées en été, le bref été ; mais le leur, ils se permirent de l’aménager presque douillettement contre les mois d’hiver. En hiver, le long hiver, cet endroit de leur invention sera le plus nécessaire. Il installa donc une cheminée qui tirait remarquablement bien et construisit un âtre avec les pierres grossières qui gisaient aux alentours. Il y avait peu de combustibles, évidemment – quelques racines à demi pétrifiées très dures à scier – et donc, quand ils grimpaient vers cet endroit tout en haut de la vallée ils portaient toujours une bille ou deux de bois de chauffage dans leur paquetage. Il aimait le mot « bille », avec cet usage.

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“A Summer Pastime”, Re-acquaintance, Martin MacIntyre, Clàr, 2003

Entendez-vous cette sirène ? Écoutez ! Écoutez cet affreux « ouiiiou niou » qui va crescendo pendant que ces hommes capables – ils ne sont pas seuls comme ce garçon — tournent sur Birch Street, passent au plus près de mon pavillon de retraité sur Montgomery Terrace, avant de foncer sur l’autoroute pour retourner à l’hôpital Glasgow Western General.
Si le type poignardé allongé à l’arrière ne survit pas, sa mère n’aura pas à dépendre d’un petit gars naïf pour lui apprendre la triste nouvelle. Des hommes forts qui connaissent la vie sauront prendre et tenir sa main tremblante.
Les impeccables combinaisons vertes et le hurlement strident de l’ambulance prouveront à cette malheureuse femme et à l’épouse de son fils – s’il en a une – qu’ils ont fait tout leur possible pour lui. Rien de plus n’aurait pu être fait. Les membres de sa famille n’auront plus peur de la mort, le transport à plein décibel ainsi que l’agitation des urgences modernes peuvent paradoxalement être réconfortants.
Tout ce que j’ai moi c’est une bicyclette. La sonnette est bloquée par la rouille. Ce temps lourd à Uist aujourd’hui est si étrange et malsain. Il râpe la bouche.
Le vent qui hier rugissait toute la journée — les tuiles en claquaient de terreur — a laissé derrière lui un vide silencieux et morose. Là où deux jours durant une tempête féroce malmenait les carreaux fragiles, régnait maintenant un silence et un calme surréels où il faisait, à vrai dire, bien trop chaud.